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Abondonnés par leurs familles, 4000 enfants vivent dans les rues de Tananarive, le capitale de Madagascar. Ils survivent dans des bandes qui reconstituent la cellule familiale. Ils font des petits boulots, la quète, la prostitution et le vol. Face à cette masse grandisante d’enfants livrés à eux mêmes, l’état malgache a mis en place des rafles mensuelles. Sous couvert de la nuit les enfants sont enlévés dans des camions poubelles et incarcérés en prison. Sans accusations précises, les enfants attendent des années avant de passer au tribunal.

Il y a des prisons publics et privés. Les prisons publics sont gérés et financés par l’état. Les enfants qui ont purgé leur peine peuvent devenir matons, ils maintiennent l’ordre à leur tour avec des batons, des couteaux et des tourne-vis. Ils décident si un enfant mérite de manger, ou pas. Les prisons privés sont gérés par des familles. Pour se financer ils font travailler les enfants. A la fin de leur peine ces familles ne libérent pas les enfants car ils ne veulent pas perdre une main d’oeuvre corvéable à merci ni les allocations du prisonnier versées par l’etat. Dans tous les prisons, ceux qui n’obeissent pas sont battus et mis en cellule. Il y plus d’enfants qui s’enfuient que relâchés.

"Ils nous ont fait avancer à genoux, ils nous lançaient de grosses pierres et ensuite ils nous ont frappés avec des bouts de bois et avec des câbles électriques."
Justin, 13 ans, a essayé de s’enfuir d’un prison privé.

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Le pire cauchemar de tous les enfants de la rue, la redoutable Madame la Commissaire Livah Radelina dirige la brigade des mœurs et des mineurs. Jusqu'au mois de juin elle organisait les rafles des enfants habitant la rue et leur incarcération par la suite. Préfecture de Police, Antananarivo, Madagascar.