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Haute couture

Tout se passe aux collections haute couture de l’automne-hiver 2008 présentées à Paris cet été. A l’Orangerie de Versailles, Dior montre des tableaux des grands maîtres et des courtisanes de la cour de Louis XIV. Au palais de Tokyo, Christian Lacroix mélange le folklore, la peinture et le théâtre dans un cocktail Art nouveau. Chez lui, Jean Paul Gaultier mêle le lustre des cours indiennes aux excentricités de la garde-robe écossaise.

Chez chaque couturier la machine est bien rôdée. Tout se passe en quatre temps. Au début c’est calme. Les mannequins se maquillent. Celles de renom arrivent en retard. Il y en a qui sont accompagnées par une mère ou un agent. Les moins connues se taisent. Une hiérarchie entre elles est déjà établie. La plupart affichent des expressions étudiées et des poses figées pour l’appareil. Il y a des méchantes et des gentilles. Ensuite vient la coiffure. Les photographes des magazines de mode arrivent du défilé précédent avec leurs valises et leurs assistants. Ils commentent les fêtes de la veille avec les mannequins. Pour l’habillage la pression monte. A ce stade un photographe peut être viré si sa rédaction n’entretient pas des bons rapports avec la maison de couture. Les mannequins sont toutes à poil. Il semble y avoir une règle d’abstention car peu de photographes, à 90% masculins, prennent des images de cette séquence. C’est le point culminant et les dernières vérifications. Le couturier en maître d’orchestre dirige et scrute ses œuvres. Les cris et la musique annonce le départ. Alignées en ordre, les mannequins se tiennent en cordon à travers la pièce. J’ai pensé aux parachutistes russes qui attendent pour se jeter dans le vide de la Tchétchénie, « Dovaï ! » remplacé par « Go ! ». Une rentre et une autre repart. Elles courent pour changer de robe. Une machine faite de mains, d’outils et de gaz de laque s’abat autour d’elles pour créer en deux minutes des nouvelles effigies qui repartent faire un tour. Tout le monde accompagne le couturier sur le podium. Des applaudissements et c’est parti pour le prochain défilé.

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Christian Lacroix, Palais de Tokyo