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Outlaws

Les Travelers ont été un problème pour les autorités irlandais depuis longtemps. L'Etat tente de les sédentariser, parfois de gré, souvent de force. Les moyens employés vont d'un accès facilité au logement et à l'éducation, jusqu'à l'harassement administratif et policière.

Le Control of Horses Act est entré en vigueur en 1996. Selon cette ordonnance, tout détenteur de cheval doit obtenir une licence pour son animal. Pour obtenir ce permis, le propriétaire doit payer une taxe annuelle et pour chaque cheval, il doit disposer d'au moins un quart d'hectare de pâturage et d'une étable. Si ces injonctions ne sont pas respectées, les autorités locales confisquent alors les chevaux et si le permis n'est pas obtenu selon un certain délai, l'animal est mis en vente ou abattu si personne n'en veut.

En conséquence les Travellers cachent leurs cheveaux des autorités. Ils les mettent dans leurs caravanes, dans les casses de voitures ou dans des maisons en ruine. L'autre conséquence de cette loi est la popularité croissante des courses de trot clandestines. Les courses sont tenues secrètes jusqu'à la dernière minute et se déroulent au petit matin ou tard le soir sur les routes de Dublin. Un cheval gagnant peut rapporter jusqu'à £20,000 à son propriétaire. Pour les Travelers Irlandais ces courses sont un pied de nez aux autorités et l'ultime façon de préserver leur culture.

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Teresa "Fox" Joyce (3 ans), Dunsink Lane, Finglas, Dublin. Les Travellers ont toujours groupé leur habitat avec leur lieu de travail. Après la seconde guerre mondiale, la plupart de leurs artisanats traditionnels sont devenus obsolètes. Ne parvenant plus à assurer leur subsistance en sillonnant les campagnes, nombre d'entre eux se sont alors regroupés dans les zones urbaines, notamment vers Dublin où les hommes pouvaient percevoir les allocations-chômage et collecter des pièces de métal et des objets de seconde main pendant que les femmes pratiquaient la mendicité. Désormais, plus de la moitié des Travellers irlandais vivent dans des caravanes, des maisons préfabriquées installées sur des sites spéciaux, ou dans des HLM. Les parents de Teresa, comme tous les Travellers de Dunsink road, vivent dans une casse-auto, subsistant par le commerce de pièces détachées provenant des épaves de voitures. Leur maison en préfabriqué sert aussi de bureau et la casse est le terrain de jeu de leurs enfants lorsque ceux-ci ne sont pas à l'école.