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Muses d'Orsay

Muses d’Orsay répond à une commande du musée d’Orsay où il s’agissait de photographier les employés du musée dans leur lieu de travail. Le musée d’Orsay abritant la collection nationale des œuvres du XIXe siècle, j’ai proposé à chacun de se photographier lui-même avec un déclencheur à poire comme à l’époque. Chacun a eu droit à 10 prises de vue, c’est-à-dire une pellicule. Chacun a choisi quand et comment il souhaitait se photographier. Chacun est devenu un artiste le temps de la prise de vue et assume ainsi une responsabilité face à sa propre image.

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Danièle Letellier agent d’accueil et de surveillance au musée depuis 1998. Ses œuvres préférées: les tableaux d’Odilon Redon. « Je suis agent d’accueil et de surveillance. Ce que l’on appelait avant de façon si péjorative «gardien de musée». Ces gardiens qui se contentaient d’être assis sur une chaise ne connaissaient pas les œuvres et leur rôle se limitait à surveiller. Notre fonction a énormément évolué et nous jouons effectivement un rôle important dans l’accueil. Les visiteurs me posent mille et une questions. Me montrer disponible, avoir le sourire, savoir les renseigner, les orienter est un plaisir. Je suis convaincue, pour l’avoir vécu moi-même, que l’on garde deux choses en mémoire après avoir visité un musée. Les œuvres, bien sûr, mais aussi la façon dont on a été accueilli. Pour être tout à fait honnête quand je suis arrivée au musée d’Orsay je n’avais pas de passion particulière pour mon métier. Et puis j’ai eu un déclic: j’ai découvert la peinture, j’ai le sentiment que depuis que je sais regarder un tableau, toutes les peintures ont une âme. » Liliane Badra agent d’accueil et de surveillance au musée depuis 1998. Son œuvre préférée: Labourage Nivernais de Rosa Bonheur : « Orsay est pour moi le plus beau musée de France, on ne s’y sent pas enfermé, le regard est libre. Je passe chaque matin devant ce tableau de Rosa Bonheur que j’aime tant. J’ai l’impression de sentir l’herbe, l’odeur de la terre et que vraiment les vaches me regardent. Un jour je le ferai reproduire et je l’accrocherai chez moi. J’aime le contact avec le public, ne pas être enfermée dans un bureau. Savoir renseigner les visiteurs est toujours agréable. Parfois, les visiteurs me disent: «Je cherche Courbet, ou Van Gogh.» Je réponds: «Malheureusement il est mort, mais en revanche il nous reste quelques-unes de ses œuvres.» »